Jusqu'à quel âge prescrire une statine ?

Nom de l'auteur

Isabelle Cibois-Honnorat  - GEAP MONTAIGU - Alexis

 

Question

Chez [un patient de plus de 80 ans], si [j'arrête la statine], est-ce que cela [entraîne une augmentation du risque de mortalité] ?

 

Scénario

Un homme de 80 ans vit à domicile

ATCD: HTA, AIT 2009, Ostéoporose (suivie par un rhumatologue), Reflux

Traitement : Lercan, Coversyl, Kardegic, Fosavance, Motilium, Gaviscon et Noctran

Motif de consultation : Asthénie et multiples plaintes inhabituelles

 

Stratégie de recherche

Termes utilisés dans la recherche:

Mots cles

recherche

Nbre références

hypolipemiant age

GOOGLE

25.900

hypolipemiant age

Doc'CISMeF

2

hypolipemiant vieillard

Doc'CISMeF

2

 

 

Conclusion

L’ordonnance d’une statine chez la personne âgée de plus de 80 ans se justifie si le taux de HDL est <0.40g/l et si le risque cardio-vasculaire est prépondérant

 

Discussion - Niveau de preuves

L’ordonnance d’une statine à la sortie d’une hospitalisation pour IdM est associée à une réduction de la mortalité pour toutes causes chez les patients âgés de 60 à 80 ans, mais pas chez les patients âgés de plus de 80 ans.

Bien qu’elles aient un profil d’effets indésirables très acceptable, les statines peuvent induire une rhabdomyolyse avec chutes, insuffisance rénale secondaire et décès.

Les grands vieillards sont particulièrement à risque de développer ces effets indésirables en raison de leur insuffisance rénale physiologique et/ou induite par d’autres médicaments, et en raison des interactions médicamenteuses au niveau du cytochrome P450 par compétition de l’isoenzyme métabolisant les statines.

Le débat rebondit avec les résultats récents des études HPS (simvastatine pendant 5 ans chez des patients à haut risque cardiovasculaire dont 30 % avaient plus de 70 ans) et Prosper (pravastatine pendant 3 ans chez des sujets âgés en moyenne de 75 ans en prévention primaire ou secondaire).

Si une amélioration du pronostic cardiovasculaire est observée dans ces populations en partie ou exclusivement âgée, l'amplitude de réduction de risque paraît moindre que chez les sujets plus jeunes.

Le bénéfice porte principalement sur le risque coronaire dont la réduction est assez précoce et prédomine aux sujets ayant un HDL inférieur à 0,40 g/l.

Le risque vasculaire cérébral ne paraît réduit que plus tardivement au-delà d'un délai de traitement de 3 ans et plus certainement sur le risque d'accident transitoire que sur celui d'accident constitué.

La prévention cardiovasculaire du sujet âgé par les statines semble donc légitime mais doit rester adaptée au niveau de risque global et au profil lipidique, en considérant notamment le niveau seuil de HDL < 0,40 g/l comme guide à la décision thérapeutique, en particulier chez la femme âgée.

 

Sources

- Jusqu'à quel âge prescrivez-vous une statine en postinfarctus du myocarde ? 

Critique et Pratique, Université Laval, Faculté de médecine  Canada  2006- L’actualité médicale  | 25 octobre 2006

 

- Intérêts et place du traitement hypolipémiant en prévention cardiovasculaire chez le sujet âgé- Annales de Cardiologie et d'Angéiologie, Volume 52, Issue 4, Pages 246-253
F Philippe

 

Date de validation par le groupe

16 avril 2012

 

 

 

 

 

Des lignes directrices 

faites par les généralistes

pour les généralistes,

issues des programmes MGForm